AIGUISER SON REGARD DEVANT LES IMAGES DE VIDÉOSURVEILLANCE

16 janvier2020

Les opérateurs en vidéoprotection de la ville de Marseille ont été formés.

Le parc de caméras de vidéosurveillance se développe de façon inexorable, que ce soit sur la voie publique avec notamment les installations des communes, ou au sein des entreprises, des grands magasins, des sites de transport… Les opérateurs qui sont en place pour visionner les nombreux écrans doivent impérativement être bien formés et accompagnés pour une exploitation efficace des images de vidéosurveillance.

C’est pour cette raison que des opérateurs en vidéoprotection de la ville de Marseille ont été formés par, Aurélie Pain, psychomotricienne, qui a aussi travaillé avec le CNPP sur plusieurs problématiques concernant la sécurité.

 

Une ergonomie à prendre en compte

Pour Mme Pain, le tout premier des points à prendre en compte est celui de l’ergonomie du poste de travail. Les opérateurs visionnant les écrans de vidéosurveillance passent des heures à analyser des images issues des quelques 1800 caméras installées en ville. Chacun doit donc pouvoir régler le fauteuil à sa taille et son poids, se placer à la bonne distance de l’écran. Dans le même type de mesure, pour l’éclairage de la salle de contrôle, il faut veiller à ne pas créer des reflets sur les écrans. Même chose pour les smartphones des opérateurs eux-mêmes qui peuvent être une source de perturbation dans leur travail. Le bon respect de ces règles de bon sens est déjà une condition de l’efficacité dans la durée.

Lutter contre la fatigue visuelle

Même si les agents sont bien installés pendant leur travail, la fatigue visuelle peut rapidement survenir. Leur travail demande une attention soutenue pour ne pas rater une information importante. Il faut ainsi faire des pauses sans écran, voire du « yoga des yeux » (ciller des paupières, bâiller, rester un peu dans l’obscurité…).

Regarder efficacement

Sur les écrans, les opérateurs vont la plupart du temps regarder et observer sans voir de situations anormales ou illégales. Mais ils doivent être efficaces, le jour, la nuit, quelle que soit la définition de la caméra. Pour plus d’efficience, il leur est conseillé d’appliquer des techniques d’exploration visuelle. Il s’agit de voir un détail sur un fond confus. Il faut balayer la scène et non pas la « picorer » et cette méthode n’est pas forcément naturelle, elle implique donc un apprentissage.

Gérer le stress

Le stress (et sa gestion) est aussi un point important de ce métier particulier. Derrière les écrans, les agents sont parfois témoins de vols, d’agressions, de bagarres, de viols… Ils vont alors donner l’alerte, guider leurs collègues sur le terrain, donner le plus d’informations possible. Dans tous les cas, pour les personnes derrière l’écran, il s’agit d’un traumatisme important encore plus difficile à supporter quand il devient répétitif. Ces situations entraînent un stress important et sa gestion n’est pas facile, d’autant plus qu’il peut aussi survenir plusieurs jours ou semaines après l’incident, avec des peurs ou des cauchemars. Ce stress peut même survenir au moment de la rotation entre deux équipes quand les agents de l’équipe arrivante sont briefés par ceux qui sortent. La transition entre la vie civile et professionnelle se fait alors trop brutalement.

L’analyse des images de vidéosurveillance peut sembler une activité simple en apparence et à la portée de tous. En réalité, elle demande un accompagnement et une formation des opérateurs pour garantir un service de qualité dans la durée.

 

 


Franck Chevallier pour Horoquartz